Vincent Léna : des voeux de conseiller régional en attendant les législatives

Énergie. Ce mot a guidé la cérémonie de voeux du conseiller régional, hier devant plus de 200 personnes à Montreuil. Si Vincent Léna s'est défendu de toute vélléité électorale, son discours avait des allures de programme.
Discours personnel.- Vincent Léna a débuté son discours « un peu à titre personnel, contrairement à mon habitude ».
L'idée, qui n'est pas sans rappeler le récent discours de François Hollande au Bourget, a entraîné le conseiller régional sur les terres montreuilloises : « Notre arrondissement est un petit paradis, il offre des images merveilleuses. » Bref, une vraie « déclaration d'amour » à ce territoire qui l'a « adopté. » Ce Montreuillois adoré, Vincent Léna a dit l'avoir préféré à d'autres cieux. « J'ai eu la chance d'accéder aux plus hautes études (l'ENA, NDLR). j'aurais pu emprunter la voie royale, me prélasser sous les ors des palais nationaux. Mais j'ai choisi de militer, de dédier ma vie aux autres. »
Souffrance.- Mais ce territoire, qui a connu de grandes figures et d'illustres bâtisseurs comme « Wilquin ou Déprez », est « en train de basculer ». Malgré des « atouts considérables » (un solde migratoire positif, un taux de chômage en dessous de la moyenne, des équipements de santé performants, l'A 16, le TGV...), « derrière la belle carte postale il y a beaucoup de souffrance, de détresse, d'inquiétudes ».
Village d'artisans.- Face à la désertification médicale, le « fossé entre le développement du littoral et les villages », les jeunes qui partent pour leurs études et ne reviennent pas, Vincent Léna veut agir. Selon lui, le Louvre-Lens est une « carte à jouer » pour l'économie touristique du secteur. Il propose aussi un village d'artisans, pour valoriser cette filière, des circuits courts de production pour l'agriculture et la pêche.
Tram-train.- Vincent Léna s'est également élevé contre « la saignée que l'éducation nationale est entrain de faire subir au territoire ». Puis s'est enquis de la santé de la ligne de chemin de fer Arras-Etaples, « en très mauvais état ». « Avec la Région, nous comptons refaire la ligne, ce qui permettrait d'inventer un tram-train qui ferait une halte dans toutes les communes. Ce serait une innovation nationale ! » Enfin, le conseiller régional a affirmé son souhait de voir le dialogue se rétablir avec les acteurs environnementaux, « pour débloquer les dossiers délicats ». Pour conclure, il a insisté sur son désir d'« énergie positive. L'envie d'avancer, c'est ce qui doit nous lier ». Durant ce discours de plus d'une-demi heure, Vincent Léna s'est posé avec assurance en médiateur, analyste, instigateur. Le coup d'envoi déguisé d'une campagne... énergique ?
La Voix du Nord
Paru le 29.01.2012
Frédéric Cuvillier : « Hollande est porté par le souffle de Capécure »

Hier matin, le Parti socialiste présentait les voeux à ses militants salle Liné.
Venus de tout le Boulonnais, ils ont allégrement profité du soleil et des bons sondages autour d'un buffet de poulet.
Le président du conseil général, Dominique Dupilet, était venu en voisin mais c'est le maire de la ville, Frédéric Cuvillier, qui s'est chargé d'un discours commun. Vu la chaleur qui régnait dans la salle, c'était une sage décision.
Pas de chars russes
Le député-maire a appelé ses camarades à « aller sur le terrain pour rencontrer et convaincre un à un les électeurs de soutenir François Hollande. Surtout pas d'arrogance. » Il a aussi demandé de la lucidité et du calme face à une droite agressive. Et de rappeler les déclarations de Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, comparant une possible élection d'Hollande à une situation de guerre pour le pays. Volontiers moqueur, il s'est souvenu qu'en 1981, certains expliquaient que les chars russes débarqueraient place de la Concorde en cas d'élection de Mitterrand. « La gauche est légitime pour gérer le pays », a-t-il asséné.
Pour conclure, il a rappelé qu'il avait reçu le candidat aux primaires Hollande en avril dernier, quand personne ne croyait alors en lui. « Il est porté par le souffle boulonnais de Capécure, s'est-il amusé. Un peu d'amalgame ne peut pas faire de mal ! ».
La Voix du Nord
Paru le 29.01.2012
La fédération PS du Pas-de-Calais reçoit sa feuille de route en serrant les rangs

« L'unité est le talisman de la victoire » : c'était le principal message adressé, hier soir à Beuvry, aux socialistes du Pas-de-Calais par Catherine Génisson, première secrétaire d'une fédération qui a connu des turbulences. ...
L'heure était à serrer les rangs dans une salle polyvalente où on a rajouté des chaises pour des militants portés par l'élan du discours du Bourget. « Apprenez ce discours à vos enfants et à vos petits enfants », s'est enthousiasmé Serge Janquin, candidat sortant de la 10e circonscription (Bruay) à laquelle Beuvry vient d'être rattaché à la faveur du redécoupage.
« Nos comptes sont transparents »
« Nous savons depuis le discours du Bourget que tout devient possible », a enchaîné le maire de Boulogne, Frédéric Cuvillier. « Rester ensemble, c'est un progrès. Travailler ensemble, c'est un morceau de la victoire », déblayait-il le terrain pour la première fédérale qui allait donner la feuille de route. Après avoir d'abord rappelé les succès aux cantonales et aux sénatoriales d'une fédération qui a fait l'objet « d'accusations infondées » et qui garde « la tête haute ». « Nos comptes sont transparents », a-t-elle ajouté en indiquant qu'elle avait demandé à Martine Aubry une commission d'enquête : ses travaux commenceront la semaine prochaine sous la houlette d'Alain Richard.
On s'attendait au réchauffement des circonscriptions gelées. Leur cas n'a été évoqué ni par Dominique Dupilet qui a rêvé d'un grand chelem aux législatives ni par Daniel Percheron. « C'est le national qui tranchera », répondait Catherine Génisson en descendant de la tribune. « Pour la 9e (Béthune), réservée aux partenaires, notre souhait, c'est une femme. » Pas d'autre commentaire pour la 12e (Liévin) hormis une explication de l'absence de son maire au grand rassemblement d'hier soir : Jean-Pierre Kucheida était en déplacement à Strasbourg. « C'est fortuit. »
La Voix du Nord
Paru le 26.01.2012
Après le Bourget, François HOLLANDE s'impose comme le chef de file de la campagne
Le timing du candidat socialiste est juste depuis le début de sa campagne. Il s'est adapté aux aléas. Malgré des baisses de régime, Hollande n'a jamais perdu la main. Au Bourget, il a pris de cours ses adversaires, qui peinent à trouver la parade explique Aurore Gorius, auteur du livre "Les Gourous de la com'". Il leur reste moins de 90 jours.
La mine déconfite de Jean-François Copé en disait long lundi soir sur le plateau de l’émission Mots Croisés sur France 2. Le président de l’UMP venait de vivre plus de 24 heures de déconfiture médiatique.

À l’issue du meeting de François Hollande au Bourget, dimanche, les "snipers" sarkozystes n’ont pas réussi à trouver le bon angle pour riposter au candidat socialiste. Du programme "flou" au candidat "pas courageux", en passant par "n’est pas Mitterrand qui veut", les attaques ont semblé... molles. Pendant ce temps, les phrases clefs du discours de François Hollande faisaient la une, notamment l’une d’entre elle, taillée pour la reprise : "j’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent."
Hollande se détache
Dimanche, François Hollande a réussi à prendre de cours la majorité. En d'autres termes, il s’est réapproprié l’agenda. En dévoilant, quatre jours avant la date prévue, une grande partie de ses propositions, le candidat socialiste a pris la majorité à contre-pied. Une règle d’or en campagne : imposer son tempo, jusqu’au bout. Et reléguer ses adversaires au rang de simples commentateurs. Ce qu’avait très bien réussi Nicolas Sarkozy en 2007.
Hollande va poursuivre sur sa lancée. Le projet complet et son chiffrage seront présentés jeudi. Le soir, il débattra avec Alain Juppé sur France 2 dans l'émission Des paroles et des actes. Mercredi, sa compagne, Valérie Trierweiler, fera sa première grande émission de télévision en deuxième partie du Grand Journal sur Canal+.
Dès dimanche soir, le candidat socialiste précisait ses propositions en matière d’emploi sur Le Mouv’ : mise en place, dans un premier temps, de 150.000 emplois jeunes sur les 300.00 annoncés, création d’un label social pour lutter contre la souffrance au travail, modulation des cotisations sociales des entreprises en fonction de la précarité. Et au "travailler plus pour gagner plus", il oppose un "travailler mieux pour travailler plus nombreux". Au lendemain de son show, la précision s'adresse aux classes moyennes et populaires, la base de son électorat, si souvent délaissée.
Le bon timing
En réalité, François Hollande a-t-il jamais perdu la main ? Ce nouvel assaut médiatique ressemble à la séquence des primaires socialistes. Epreuve du feu réussie, elle avait vu l'ancien Premier secrétaire gagner avec une large majorité, plafonner dans les sondages et la droite rester aphone jusqu'en novembre. La donne n'a guerre changé depuis. Les intentions de vote sont stables, l'UMP a multiplié les coups d'épée dans l'eau et Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à faire dévisser le candidat socialiste.
Depuis son entrée en campagne au printemps 2011, François Hollande ne cesse d'étonner. A force, il semble qu'il finisse par convaincre. "Impose ta chance... " disait le poète. Le timing est juste, et, à bien y regarder, il l'est depuis le congrès de Reims fin 2009 lorsque, battu, Hollande fait silence et prépare son retour sur le devant de la scène. Inquiétant pendant les négociations fin 2011 avec EE-LV, pas rassurant avec son "sale mec" (monté en épingle) début 2012, Hollande est parvenu à éviter les chausse-trappes. Il y en aura d'autres.
Mais, pour ceux qui en doutaient, derrière le "bonhomme Hollande", l'animal politique oeuvre en transparence. C'est probablement toute sa force : creuser son sillon sans en avoir l'air. Même les cadors socialistes semblaient surpris dimanche soir au Bourget, leurs mines tendues s'illuminant au fil du discours.
Dimanche, le chef de l'Etat devrait riposter en personne à la télévision. Bateleur hors-pair, il fera campagne jusqu'au bout. Rien n'est acquis et les urnes réservent souvent des surprises. La majorité est à l'oeuvre pour "ringardiser" Hollande, "candidat des années 70-80". François Bayrou et surtout Marine Le Pen restent en faction. Mais Jean-François Copé, volontiers adepte de la mauvaise foi, a fini par le reconnaître hier à demi-mots : "j'ai pris la mesure de ce qu'est la mobilisation à gauche de l'échiquier politique". La mesure, en effet. Avec Hollande en chef d'orchestre de la campagne.
Le Nouvel Observateur
Paru le 24.01.2012
Les socialistes du Montreuillois embrayent dans l'élan du Bourget

Hier, au lendemain du meeting de François Hollande au Bourget, les socialistesdu Montreuillois ont donné le coup d'envoi de la campagne de la présidentielle.
Attirés par le Novotel du Touquet.- Vincent Léna aime les contre-pieds. Aussi avait-il choisi Le Touquet et le chic hôtel Novotel, pour tenir sa conférence de presse. Histoire de montrer que la station n'est pas réservée à la droite.
Emmenés par Jean-Bernard Cyffers.- Il était derrière Ségolène Royal avant le premier tour de la primaire. Derrière Martine Aubry avant le second.
L'Étaplois Jean-Bernard Cyffers sera le porte-parole du PS dans le Montreuillois pour cette présidentielle.
Regonflés par Le Bourget.- Lui et Daniel Vandembroucq sont allés dimanche au Bourget assister au premier grand meeting de François Hollande.
Ils en étaient encore très marqués. « On a vécu un moment fort. On est remonté à bloc. » Même ceux qui ne l'ont vécu que par le biais de la télévision sont charmés, comme Marc Bouclet, de Berck : « Je ressens le même élan qu'en 1981. » Portés par 500 militants.- C'est le nombre de personnes à jour de leur cotisation au PS dans le Montreuillois, selon le chef de file, Vincent Léna. Tous seront sollicités pour tracter, coller des affiches et relayer les discours du candidat socialiste. Hier, plusieurs membres des sections étaient présents : Jocelyne et Michel Renard (Hucqueliers), Laurence Sthalberger (Montreuil), Marc Bouclet et Serge Dupont (Berck), Jean-Jacques Hilmoine (Fruges), Denis Guérin et René Maurice (Le Touquet).
Remontés contre Daniel Fasquelle.- Quand il s'agit de critiquer l'action de Nicolas Sarkozy, les socialistes ne manquent pas d'arguments. Mais très vite, les critiques tombent sur le député local Daniel Fasquelle. « Docteur Jekyll et Mister Hyde, selon Vincent Léna, qui n'assume pas ici les lois qu'il vote à Paris. »
La Voix du Nord
Paru le 24.01.2012